Réunion des commissions 1er degré et Collège samedi 20 septembre 2025
Les commissions 1er degré et Collège se sont tenues au local de l’APMEP à Paris, le samedi 20 novembre 2025, de 9h30 à 17h. Onze enseignant⋅e⋅s étaient présent⋅e⋅s et 2 ont participé un moment en visio.
Table ronde des JN à Toulon
Thème : Penser le travail de l’enseignant à l’heure de la « fast politique »
Texte de problématisation : Voir l’annexe 1 en bas de page.
Les intervenants :
- 3 intervenants validés :
Claire Lommé, Patrick Picard et Éric Roditi - 1 IA-IPR du SNUI (UNSA) en attente de confirmation :
Philippe Janvier ? Cyril Mollera ? Gilles Patry ? Marie Musset ? Fabrice Browet ?
Chaque intervenant a été contacté pour proposer un sujet qu’il souhaite mettre en discussion.
À ce jour, deux sujets sont annoncés : le travail en constellation et les fractions.
Deux questions seront posées en amont aux adhérents, lors de la commission de la veille, en vue de créer deux nuages de mots qui seront repris lors de la table ronde.
À la suite de cette table ronde qui pourrait être enregistrée, il est prévu l’écriture d’un article pour le site de l’APMEP ainsi qu’un article pour Au Fil des Maths et une tribune dans le Café Pédagogique. L’idée est d’outiller les personnes qui seront amenées à intervenir dans certaines instances et de récolter du contenu pour permettre l’écriture de revendications pour le bureau national.
Les mercredis de l’APMEP
Calendrier et propositions d’interventions
- 17 septembre 2025 : Claire Lommé et Edith Petitfour sont intervenues pour parler de géométrie
- 1er octobre Anthony Simand / Cécile Nigon IREM de Lyon Groupe NuMatécole présenteront Mathcitymath, un parcours pour les écoles du secteur de Saint-Étienne
- 12 novembre : Francine Athias LéA DEEC Résolution de problèmes
- 26 novembre : Groupe Irem Catherine Thomas
- 7 janvier 2026 : Pierre Esseyric et Aude Grau Labo maths maternelle
- mars : LéA MaPcv
Nouveaux programmes aux cycles 1, 2 et 3
La commission regrette que la mise en œuvre rapide des programmes n’ait pas permis de proposer de réels temps de formation comme cela avait été le cas lors de la publication des programmes de 2016. Il n’y a pas eu de temps de formation dans le 2nd degré, parfois des présentations rapides en visio. Dans le 1er degré, ce sont des temps d’information par les directeurs dans le cadre de la loi Rilhac qui se sont déroulés.
Une difficulté relevée : les manuels ne sont pas conformes aux nouveaux programmes. Dans le 2nd degré, beaucoup d’éditeurs ont proposé des fichiers ou cahiers d’activités (à renouveler tous les ans, souvent financés par les parents).
La commission relève aussi qu’une brève consultation autour du nouveau socle commun a eu lieu vers le début du mois de juillet. Elle regrette qu’elle soit passée presque inaperçue (pas de communication autour de ce sujet et temps de consultation extrêmement réduit)…
Ordre du jour des commissions aux JN à Toulon
Trois points sont proposés pour l’ordre du jour de la commission des journées nationales qui rassemble bon nombre d’adhérents.
Tout d’abord, nous aborderons les nouveaux programmes par le prisme des auditions menées par le CSP (Conseil supérieur des programmes). Les collègues feront un retour des échanges au cours de ces moments.
Ensuite, nous évoquerons les évaluations nationales mises en place à tous les niveaux de classe cette année dans l’idée d’une réponse à l’intervention. L’ensemble des adhérents présents seront invités à s’exprimer (wooclap) en 3 temps :
- Évaluations nationales en un mot…
- Exploitation en un mot…
- Souhait en un mot…
Après chacun des nuages de mots réalisés, un échange avec la salle aura lieu autour de l’idée la plus prégnante.
Le sujet des évaluations étant récurrent depuis plusieurs années, la commission propose de le mettre au cœur de la table ronde de Journées Nationales en 2026 au cours de laquelle Bernard Lahire pourrait être sollicité.
Enfin, nous évoquerons l’évolution du métier d’enseignants en posant deux questions aux adhérents :
- Quel est pour vous le changement positif le plus marquant dans votre métier d’enseignant de mathématiques depuis votre entrée dans le métier ?
- Quel est pour vous le changement le plus marquant qui apporte tension dans votre métier d’enseignant de mathématiques depuis votre entrée dans le métier ?
Les réponses apportées permettront de faire le lien avec la table ronde du lendemain.
Point d’actualité : projet de programme cycle 4 et brevet
Un temps de consultation pour les associations est annoncé le 8 octobre au matin (les syndicats sont aussi consultés à un autre moment). Afin de préparer ce moment, un digipad « Consultation projet de programme cycle 4 » a été créé et tous les membres sont invités à l’enrichir de leurs remarques et commentaires.
En première lecture, la commission trouve que les principes formulés en préambule sont plutôt intéressants car ils reprennent les grandes idées des documents d’accompagnement. Les compétences sont citées et l’évaluation est au service de l’apprentissage avec notamment une mise en valeur des erreurs. Mais, il y a des contradictions avec la suite, en particulier avec les méthodes à suivre imposées par les programmes. Le ressenti général qui se dégage de ces nouveaux programmes est que tout doit être évaluable à la manière des évaluations nationales, sous forme de cases à cocher.
Le passage sur les compétences psychosociales (CPS) interroge : sur quel document officiel peut-on avoir la définition, le cadre, et la liste de ces compétences ? Les CPS peuvent être contre-productives : apporter de l’aide pour lever les blocages (enrôler les élèves dans la tâche) peut être plus efficient que d’encourager les élèves. Une compétence s’évalue maintenant, évaluer c’est voir où se situer face à une norme. Quelle norme pour les CPS ?
Cette question rejoint un autre changement à l’horizon :
Concernant les nombres relatifs, on reconnaît la proposition de PER (Parcours d’Étude et de Recherche) de Y. Matheron. Mais il n’est qu’utilisé que sous forme de technique illustrée avec des exemples.
D’autres remarques ont été faites dans le digipad.
Retour sur le questionnaire sur les groupes en 6e et 5e
Ce questionnaire a été envoyé aux adhérents enseignants au collège ; il y a eu peu de retours et ces derniers ne permettent pas une position homogène car la mise en œuvre a été très disparate selon les établissements. Néanmoins, le ressenti général confirme la position de l’APMEP depuis des années : avec moins d’élèves dans les classes et des groupes hétérogènes, l’enseignement est plus efficace.
Annexe 1
Texte de problématisation de la table ronde « actualités » de la commission école-collège
« Penser le travail de l’enseignant en mathématiques à l’heure de la fast-politique »
Depuis une dizaine d’années, les évolutions récentes des programmes de mathématiques sur tous les cycles, par ailleurs de plus en plus rapides, s’inscrivent dans le troisième âge de la fabrique des politiques publiques décrit par Xavier Pons, sociologue de l’action publique. Cette fast-politique est caractérisée par « des responsables politiques qui empruntent des idées qui ont ’’marché ou fonctionné’’ ailleurs, soutenant le développement d’un marché transnational d’idées et/ou solutions décontextualisées et fondées sur des données prétendues probantes. »(CNESCO, 2022, p. 26), s’éloignant de fait du travail ordinaire des enseignants. A l’ère du puzzle accéléré, l’incrémentalisme pragmatique vise à bouleverser le paysage éducatif à petits pas (Pons, 2024). Trois domaines sont impactés par ces changements a priori sans liens directs, mais dont les arrière-plans sont issus du modèle néolibéral du New Public Management : le curriculum construit autour de compétences dites transversales, comme récemment dans les programmes mathématiques de cycle 3 l’apparition des compétences dites « psycho-sociales », la prise en compte des inégalités « fille/garçon », les « éducation à … », etc. ; la gouvernance et la gestion des établissements, avec l’inflation de dispositifs tels que les « groupes de niveaux », « Notre école faisons-la ensemble (Nefle) », ou encore le « pacte enseignant », etc. ; et la profession enseignante, marquée par la crise du recrutement des enseignants en mathématiques et le recours massif à des vacataires et contractuels non formés, mais aussi l’organisation de la formation continue uniquement hors temps élève, le projet de référentiel de l’enseignant du Conseil Scientifique de l’Education Nationale (CSEN)publié début 2025, etc.
Le nouveau socle commun de 2025 et les nouveaux programmes de mathématiques, couplés aux très nombreux documents dit d’accompagnement, reconfigurent en profondeur les prescriptions adressées par l’institution au métier enseignant. Cette complexité accentue une forme d’opacification de la prescription et « d’institutionnalisation du flou » (CNESCO, 2022, p. 52). Mais derrière cette inflation des prescriptions portant sur des compétences extra-mathématiques, se cache une difficulté d’enseignement redoutable, celle portant sur les connaissances mathématiques elles-mêmes. Les savoirs transparents (Margolinas et Laparra, 2019) et le curriculum invisible de Julien Netter(Centre Alain-Savary, 2020) qui œuvrent à l’insu des enseignants peuvent entraîner des malentendus socio-scolaires, et leurrer significativement et dans la durée les élèves sur les enjeux des apprentissages mathématiques. D’une part, ces apprentissages mathématiques risquent d’être encore plus transparents et invisibles, noyés dans des « éducation à … » venant fragmenter l’activité de l’enseignant. D’autre part, ces savoirs transparents et invisibles ne peuvent être appréhendés par aucun programme, aussi précis soit-il ; ils demandent des formations qui s’adossent, à minima, à la fois à la didactique disciplinaire et aux sciences du travail. Ainsi, les problèmes posés aux pilotes et aux formateurs qui soutiennent et accompagnent les enseignants sont décuplés.
Au vu de ce contexte institutionnel et professionnel en mutation rapide, cette table ronde vise à discuter et faire discuter, sans être exhaustif, les questions suivantes :
- De quoi le travail enseignant en mathématiques est-il le nom ?
- Le travail enseignant est-il en train d’être « ubérisé » ou au contraire trouve-t-il des formes qui résistent, porteuses d’un « faire apprendre » plus robuste ?
- Dans ce paysage institutionnel et professionnel de plus en plus fragmenté, qu’est-ce qu’enseigner les mathématiques dans l’ordinaire de la classe demande aux professionnels, du cycle 1 au cycle 4 ? Et à leurs pilotes et formateurs ?
- Quels pourraient être les interstices dans lesquels les élèves pourraient percevoir les mathématiques comme une discipline émancipatrice ?
- Quels rôles peuvent jouer les associations professionnelles comme l’APMEP dans ce contexte ?
Références :
- Centre Alain-Savary (2020). Le curriculum invisible de Julien Netter. https://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/education-prioritaire/ressources/theme-2-perspectives-relatives-a-laccompagnement-et-a-la-formation/maelys-parle-de-son-activite
- CNESCO (2022). La gouvernance des politiques éducatives. Rapport de synthèse. https://www.cnesco.fr/fr/la-gouvernance-des-politiques-educatives/
- Margolinas, C., Laparra.M. (2011). Des savoirs transparents dans le travail des professeurs à l’école primaire.J.-Y. Rochex, J. Crinon. La construction des inégalités scolaires, Presses universitaires de Rennes, pp.19-32, 2011. https://hal.science/hal-00779196/document
- Xavier Pons : comment se fabriquent les politiques d’éducation ? Le Café pédagogique.https://cafepedagogique.net/2024/03/25/xavier-pons-comment-se-fabriquent-les-politiques-deducation/
