Le BGV — année 2026
Éditorial du BGV n°246
Et si on avait moins d’élèves ?
Une vingtaine d’élèves au lieu d’une trentaine ou plus au lycée et la classe est différente.
Un voyage scolaire, une répétition de la chorale, une épidémie de grippe et l’effectif de la classe se trouve réduit. Déjà l’espace est moins encombré, on a la sensation d’avoir davantage de temps pour aller voir les élèves, celui ou celle qui a peur de demander de l’aide, de prendre la parole, et leur porter l’attention qu’on peine à leur donner quand la classe est chargée.
À tous les niveaux, les programmes scolaires réaffirment l’importance de l’acquisition de compétences orales, à commencer par la maternelle où « L’objectif est de permettre à chacun de pouvoir dire, exprimer un avis ou un besoin, questionner, annoncer une nouvelle ». Comment faire quand chaque élève qui devrait pouvoir s’exprimer dispose en réalité de moins de deux minutes par séance de classe ?
Au delà de l’oral, le suivi des élèves, la possibilité de leur proposer des rétroactions, l’adaptation de stratégies d’apprentissages, sont facilitées quand l’effectif de classe est limité. Et il nous semble que cela ne doit pas être réservé à certaines disciplines mais généralisé.
La baisse démographique pourrait être l’occasion de voir baisser réellement les effectifs des classes. Les « chiffres clés de l’éducation nationale » affichent, il est vrai, des baisses mais elles agrègent des effectifs appuyés sur les dédoublements de certains niveaux au détriment d’autres ou des disparités entre zones urbaines ou rurales qui nécessitent des moyens différents.
Et curieusement, les choix de communication du ministère ne donnent pas à voir de comparaison internationale sur ces données. Pour cela, il ne faudrait pas que l’éducation nationale soit la cible facile des coupes budgétaires, c’est un investissement à long terme, nécessaire à la formation des citoyens et citoyennes en devenir que sont nos élèves.
